Peut-on être scientifique et croyant ?Quand la science rencontre l’épreuve, le doute… et parfois la foi
- Harmonie Science et foi
- 26 janv.
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Introduction : une question qui traverse des vies, pas seulement des idées
Un jeune étudiant en sciences pose la question, presque à voix basse :« Est-ce que je peux vraiment continuer à croire… si je deviens scientifique ? »

La question n’est pas abstraite. Elle n’est pas théorique. Elle ne surgit pas dans un traité de philosophie, mais dans un amphithéâtre, un laboratoire, une salle de classe, parfois au cœur d’une crise personnelle. Elle se pose au moment où l’on apprend à manier des équations, à tester des hypothèses, à raisonner avec rigueur, et où l’on se demande, presque malgré soi, si cette rigueur laisse encore une place à la foi.
Autour de nous, la culture semble déjà avoir tranché. On nous raconte que la science et la religion seraient deux mondes irréconciliables, que l’une progresse à mesure que l’autre recule, que croire serait une étape provisoire destinée à disparaître sous la lumière du savoir. ¹ Ce récit est si répandu qu’il finit par paraître évident. Pourtant, lorsqu’on s’approche des faits, et surtout des personnes, ce tableau se fissure. ²
Car derrière les statistiques, il y a des vies. Derrière les positions intellectuelles, il y a des histoires personnelles, des deuils, des émerveillements, des blessures, des choix philosophiques, parfois même des conversions ou des ruptures douloureuses. ³ C’est à ce niveau-là, humain et concret, que la relation entre science et foi se révèle dans toute sa complexité.
Cet article propose donc une exploration patiente et nuancée de cette question : peut-on être scientifique et croyant ? Non pas en opposant des camps, mais en observant des trajectoires. Non pas en polémiquant, mais en comprenant. Non pas en simplifiant, mais en articulant les données, l’histoire et l’expérience vécue. ⁴
L’idée selon laquelle la science et la foi seraient intrinsèquement incompatibles ne résiste ni à l’examen historique, ni aux données sociologiques, ni à l’analyse des trajectoires individuelles des scientifiques. Le conflit souvent évoqué relève davantage d’un récit culturel et idéologique que d’une nécessité rationnelle, tandis que l’expérience concrète des chercheurs révèle une pluralité de rapports possibles entre rigueur scientifique, questionnement existentiel et conviction spirituelle.
Clarifier le cadre : quand le conflit naît d’une confusion
Avant même de parler de croyants ou de non-croyants, il faut clarifier un point fondamental : science et foi ne jouent pas dans la même catégorie, même si elles s’intéressent toutes deux à la réalité. ⁵

La science est une méthode puissante pour comprendre comment le monde fonctionne. Elle observe, mesure, teste, corrige. Elle progresse par essais et erreurs. Elle explique comment une cellule se divise, comment une étoile fonctionne, comment une mutation se transmet. Son langage est celui des modèles, des équations, des probabilités. ⁶
La foi, elle, s’interroge sur le sens, la finalité, l’origine ultime, la valeur. Elle ne prétend pas expliquer les mécanismes biologiques ou physiques, mais répondre à d’autres questions : pourquoi l’univers est-il intelligible ? Pourquoi la rationalité humaine peut-elle comprendre le réel ? Pourquoi la vie humaine a-t-elle une dignité particulière ? Ces questions ne se laissent pas enfermer dans une éprouvette. ⁷
Le conflit apparaît souvent lorsqu’on exige de la foi qu’elle fonctionne comme une science, ou de la science qu’elle tranche des questions métaphysiques. Cette confusion des registres est au cœur de nombreuses tensions contemporaines. ⁸
Les scientifiques et la foi : ce que disent les chiffres, et ce qu’ils ne disent pas
On entend fréquemment : « Les scientifiques ne croient pas en Dieu. » La formule est simple, mais elle ne résiste pas à l’examen. ⁹ Les enquêtes sociologiques menées depuis plus d’un siècle montrent une réalité plus nuancée. ¹⁰ Le Pew Research Center a publié en 2009 un rapport basé sur une enquête auprès de membres de l’AAAS (American Association for the Advancement of Science). Résultat : 51 % des scientifiques interrogés disent croire « en une forme de divinité ou de puissance supérieure ». Plus précisément, 33 % disent croire en Dieu, et 18 % en un esprit universel ou une puissance supérieure. ¹¹À l’inverse, 41 % disent ne croire ni en Dieu ni en une puissance supérieure. Cette enquête souligne aussi une différence nette avec le grand public américain (beaucoup plus croyant en moyenne), mais elle montre surtout ceci : même dans un échantillon scientifique, la croyance existe à une échelle trop importante pour être marginale.
Les données disponibles montrent que la croyance religieuse n’est pas uniformément répartie dans le monde scientifique, mais qu’elle demeure significativement présente dans l’ensemble des grandes disciplines. Les taux de croyance varient selon les domaines — biologie et médecine, chimie, géosciences, physique et astronomie — avec des proportions généralement comprises entre environ 43 % et 55 %. Cette variation indique que la pratique scientifique n’entraîne pas mécaniquement l’abandon de la foi, y compris dans les disciplines dites « dures ». Loin de disparaître à mesure que la rigueur méthodologique augmente, la croyance persiste sous des formes diverses, suggérant que les convictions métaphysiques ne sont pas déterminées par le champ scientifique lui-même, mais par des facteurs personnels, culturels et existentiels plus larges. ¹¹ ¹²
Le même rapport note une stabilité historique remarquable lorsqu’on compare avec des sondages plus anciens : un sondage de 1914 (Leuba) et une réplique en 1996 (Larson) donnent des proportions proches sur la croyance en un Dieu personnel. L’idée que la science « ferait disparaître la foi » par simple accumulation de connaissances est donc, au minimum, beaucoup plus compliquée que ce qu’on affirme souvent. ¹²
Plus intéressant encore : le rapport Pew de 2015, est précieux pour comprendre l’écart entre la perception sociale et l’expérience vécue. 59 % des gens voient un conflit « en général », mais 68 % disent que leurs croyances personnelles ne sont pas en conflit avec la science. ¹³
Ce décalage est révélateur. Le conflit est souvent perçu comme un phénomène culturel, médiatique, idéologique, donc un peu lointain, mais il est beaucoup moins vécu intimement. Cela suggère que la question n’est pas tant « la science empêche-t-elle de croire ? », mais plutôt : qu’est-ce qui, dans certaines trajectoires personnelles, rend la foi difficile ou au contraire possible ? ¹⁴
Si le conflit entre science et foi paraît si évident dans l’imaginaire collectif, c’est en grande partie parce qu’il est entretenu par une confusion persistante entre science et scientisme. La science décrit des mécanismes observables ; le scientisme affirme, lui, que seule la science peut dire le vrai sur toute réalité, y compris le sens, la valeur et la finalité. À cela s’ajoute une médiatisation sélective de figures militantes présentées comme porte-parole de « la science », tandis que les scientifiques croyants ou nuancés restent largement invisibles. Le mythe du conflit se construit ainsi moins par les faits que par leur mise en récit.
Quand la science naît dans un monde croyant : un rappel historique essentiel

L’histoire de la science moderne est souvent racontée comme une libération progressive de la religion. ¹⁵ Pourtant, les faits historiques racontent une histoire plus complexe. ¹⁶ La science moderne s’est développée dans des cultures profondément marquées par la foi. ¹⁷ Copernic, Kepler, Galilée, Descartes, Pascal, Boyle, Newton, Faraday, tous travaillaient dans un univers mental où la réalité était perçue comme ordonnée, rationnelle, intelligible, parce qu’issue d’une intelligence divine. ¹⁸
Pour Johannes Kepler, faire de l’astronomie, c’était « penser les pensées de Dieu après Lui ». ¹⁹ Pour Isaac Newton, l’ordre mathématique de l’univers témoignait d’une rationalité profonde. ²⁰ Ces hommes ne voyaient pas leur foi comme un frein, mais comme un cadre qui rendait la science possible et même désirable. Cela ne signifie pas que la foi garantit la vérité scientifique, ni que la science dépend de la religion pour fonctionner aujourd’hui. Mais cela montre que l’idée d’une incompatibilité structurelle est historiquement fausse. ²¹
Quand la science accompagne la perte de la foi : des histoires humaines avant tout
À l’inverse, certains scientifiques se sont éloignés de la foi. Mais là encore, les raisons sont rarement purement scientifiques. ²²
Ivan Pavlov
Pavlov considérait la religion comme une faiblesse psychologique humaine. Sa vision s’inscrit dans une approche réductionniste : la foi est interprétée comme un mécanisme de compensation, un besoin émotionnel. Ce n’est pas une conclusion expérimentale, mais une lecture anthropologique et philosophique. ²³
Sigmund Freud
Pour Freud, la religion est une illusion, parfois comparée à une névrose infantile. Là encore, la critique ne repose pas sur une expérience de laboratoire, mais sur une théorie psychologique du désir, de la peur et du besoin de sécurité. ²⁴
Marie Curie
Dans le cas de Madame Curie, le contexte personnel est déterminant. Marquée par des deuils profonds : la mort prématurée de son mari Pierre, puis d’autres pertes familiales, elle s’éloigne progressivement de toute pratique religieuse. Son parcours montre comment la souffrance peut transformer la relation à la foi, indépendamment de la pratique scientifique. ²⁵
Alan Turing
Le cas de Turing est particulièrement poignant. Après la mort brutale d’un ami très proche, Turing adopte une vision strictement matérialiste de l’esprit humain. Sa position sur l’âme et la pensée s’inscrit dans un contexte de deuil et de désillusion personnelle, bien plus que dans une démonstration scientifique contre Dieu. ²⁶
Ces trajectoires rappellent une vérité simple mais essentielle : les convictions métaphysiques sont souvent façonnées par l’expérience humaine. La science ne produit pas automatiquement l’athéisme ; elle accompagne parfois des ruptures intérieures déjà amorcées. ²⁷
Darwin : quand une théorie est confondue avec une biographie
Charles Darwin est souvent présenté comme la preuve que la science détrône Dieu. Pourtant, la réalité est plus nuancée. Darwin n’était pas athée au début de sa carrière. Dans L’Origine des espèces, il utilise un langage compatible avec l’idée d’un Créateur. Son éloignement progressif de la foi intervient surtout après la mort de sa fille Annie, un événement qui le bouleverse profondément. Réduire la trajectoire spirituelle de Darwin à sa théorie scientifique revient à ignorer la dimension humaine de son histoire. Ici encore, la perte, la souffrance et le questionnement existentiel jouent un rôle central. ²⁸
Quand la science nourrit la foi : émerveillement et cohérence
À l’opposé, de nombreux scientifiques ont vécu leur travail comme une source d’émerveillement et parfois de foi. ²⁹
Gregor Mendel
Moine et fondateur de la génétique moderne, Mendel illustre une coexistence naturelle entre vie religieuse et recherche scientifique. ³⁰
Louis Pasteur
Pasteur exprimait l’idée que l’approfondissement de la science pouvait conduire à l’émerveillement devant l’ordre du monde. Sa foi ne l’a pas empêché d’être un chercheur rigoureux ; elle s’inscrivait dans sa vision globale de la réalité. ³¹
Lord Kelvin et Max Planck
Lord Kelvin, l’un des grands physiciens du XIXᵉ siècle, voyait dans l’ordre et la rationalité du monde naturel plus qu’un simple fait brut : pour lui, la cohérence des lois physiques pouvait être lue comme un indice d’intelligibilité, et cette intelligibilité renvoyait à une source plus profonde que la matière elle-même. Dans son cas, l’idée de Dieu ne vient pas combler une ignorance scientifique, mais s’inscrit dans une vision globale où l’univers, précisément parce qu’il est structuré et « lisible », invite à une réflexion sur son fondement. ³²
Pour Max Planck, science et foi relèvent également de deux démarches distinctes mais compatibles : la science explore le monde par ses lois et ses régularités, tandis que la foi interroge le sens et le fondement ultime de ce monde, sans se confondre avec le travail expérimental. ³³
Albert Einstein
Einstein rejetait l’idée d’un Dieu personnel intervenant dans le monde, mais exprimait un profond respect pour la rationalité de l’univers. Sa position illustre une forme de spiritualité philosophique, fondée sur l’émerveillement devant l’intelligibilité du réel. ³⁴
Ce parcours permet de distinguer plusieurs manières de vivre la relation entre science et foi. Dans certains cas, la démarche scientifique est vécue comme pleinement compatible avec une conviction religieuse, voire comme un lieu d’approfondissement de celle-ci. Dans d’autres, la science coexiste avec une foi fragilisée ou transformée par l’épreuve personnelle. On observe également des trajectoires où la pratique scientifique s’accompagne d’un rejet philosophique du religieux, ainsi que des positions marquées par une forme de spiritualité non confessionnelle, fondée sur l’émerveillement devant l’ordre du monde. Cette diversité montre qu’il n’existe pas une seule manière « scientifique » de croire ou de ne pas croire, mais une pluralité de rapports façonnés par l’histoire personnelle autant que par la réflexion intellectuelle.
Figures contemporaines : science, philosophie et choix personnels
Aujourd’hui, le débat est souvent incarné par des figures médiatiques. Richard Dawkins critique vigoureusement le Dieu personnel, dans un discours mêlant science, philosophie et militantisme. ³⁵ Stephen Hawking défend l’idée d’un univers explicable par les lois seules, rendant Dieu inutile. ³⁶ À l’inverse, des scientifiques comme John Lennox, Francis Collins ou Michael Behe témoignent d’une compatibilité assumée entre foi et science, parfois après un cheminement personnel long et réfléchi. ³⁷
Reconnaître la compatibilité possible entre science et foi ne suppose aucune concession ni à la rigueur scientifique, ni à la diversité des convictions, ni à la complexité de l’expérience humaine. Cela signifie simplement que la démarche scientifique, en tant que telle, ne tranche pas les questions ultimes de sens, et que les positions métaphysiques, croyantes ou non, relèvent toujours d’un choix interprétatif personnel, éclairé par l’expérience, la culture et la réflexion philosophique.
Les données sociologiques montrent que la science n’élimine pas la foi. L’histoire révèle que la science moderne s’est développée dans un cadre profondément croyant. Les trajectoires individuelles rappellent enfin que les convictions se construisent dans l’épaisseur de la vie humaine, au croisement de la raison, de l’épreuve et de l’émerveillement. Pris ensemble, ces éléments invitent à dépasser les caricatures pour reconnaître la complexité réelle des rapports entre science et foi.
Conclusion : une harmonie vécue, plus qu’un slogan
Au terme de ce parcours, une conclusion s’impose : la science ne contraint pas à l’athéisme, pas plus que la foi n’empêche la rigueur intellectuelle. Les données sociologiques, l’histoire des sciences et les trajectoires personnelles convergent vers une réalité complexe, humaine, incarnée. ³⁸
Beaucoup peuvent ainsi dire, sans contradiction : « Je suis scientifique, je suis croyant, et j’en suis fier. » Pour le groupe Harmonie Sciences et Foi, cette constatation ouvre un espace de dialogue et de témoignage : raconter comment cette harmonie se vit concrètement, dans les études, la recherche, le doute, la prière, l’éthique et l’engagement quotidien. C’est probablement dans cette expérience vécue, davantage que dans les débats abstraits, que se trouve la réponse la plus féconde au mythe du conflit entre la science et la foi. ³⁹
Par Dr. Yvon Élysée
Groupe Harmonie Science et Foi
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